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Paris, place financiĂšre


L’industrie financiĂšre française reprĂ©sente 4,5 % du PIB et 700 000 emplois presque tous localisĂ©s Ă  « Paris ». Sa capacitĂ© de financement est « un levier dĂ©terminant pour le dĂ©veloppement des entreprises et de l’économie française, en mĂȘme temps que le moyen de prĂ©server le contrĂŽle de nos centres de dĂ©cision18 ». 40% des emplois financiers seront renouvelĂ©s dans les dix ans.


Les propositions retenues ont l’ambition de crĂ©er un environnement propice Ă  l’activitĂ© financiĂšre, par la mise en place d’outils adaptĂ©s et faciles d’accĂšs qui aideront  Ă  une meilleure compĂ©titivitĂ© et Ă  la crĂ©ation d’emplois.


Benchmarking de rigueur : New York, Londres 

Nous saluons la dĂ©marche du Maire de New York Michael R. Bloomberg, qui est Ă  l’initiative du rapport « Sustaining New York’s and the US’ Global Financial Services Leadership » (Annexe 1) pour relancer la place financiĂšre new-yorkaise.                  M. Bloomberg fait effectivement partie du mĂ©tier, ce qui le diffĂ©rencie et l’avantage par rapport aux maires des autres capitales financiĂšres mondiales.

Un groupe d’experts britanniques rĂ©flĂ©chit actuellement Ă  des mesures notamment rĂ©glementaires et fiscales pour amĂ©liorer la compĂ©titivitĂ© de la City. La dĂ©marche et le contenu de ces deux rapports vont nous servir de guide dans l’élaboration de quelques-unes de nos propositions pour Paris.


Il s’agit pour New York d’une initiative conjointe de la Ville et de l’administration amĂ©ricaine. Il est rĂ©vĂ©lateur de constater qu’en France l’initiative new-yorkaise est perçue comme une initiative fĂ©dĂ©rale (sous impulsion du SecrĂ©taire d’Etat au TrĂ©sor, Henry Paulson) ou dans le cas de Londres comme une initiative de Gordon Brown, tant il est dur pour nous français d’imaginer « Ken le rouge » s’intĂ©resser Ă  la City et pourtant
 DerriĂšre le cĂŽtĂ© anecdotique du propos, on saisit mieux pourquoi, Ă  la lecture du projet français Finance Innovation, la Ville de Paris ne semble qu’un simple co-contractant. Le projet (page 8) prĂ©cise de façon laconique que des contacts avec le Conseil RĂ©gional d’Ile de France et la Ville de Paris sont en cours.


Si New York ou Londres cherchent Ă  rĂ©agir face Ă  la concurrence des autres places financiĂšres mondiales afin de se maintenir au rang de leader mondial dans une Ă©conomie globalisĂ©e, il est impĂ©ratif pour Paris d’ĂȘtre proactif et de repenser le dĂ©veloppement de sa place financiĂšre.


La question de la législation fiscale française

La lĂ©gislation fiscale est une arme Ă©conomique de compĂ©titivitĂ© or en France sa complexitĂ© est stupĂ©fiante. Elle engendre une visibilitĂ© rĂ©duite pour les investisseurs, sur le poids exact de la fiscalitĂ© par exemple et une instabilitĂ© dissuasive due notamment aux alternances politiques (source : Centre de Recherches pour l’Expansion de l’Economie et le DĂ©veloppement des Entreprises). Cette question dĂ©passe les compĂ©tences de la Ville de Paris et de notre groupe de travail, seule la fiscalitĂ© strictement parisienne sera traitĂ©e dans ce rapport. Elle reste nĂ©anmoins  un Ă©lĂ©ment incontournable de toute rĂ©flexion pertinente.


Lancement du pÎle de compétitivité mondial FINANCE INNOVATION

Le pĂŽle de compĂ©titivitĂ© mondial FINANCE INNOVATION vient d’ĂȘtre labellisĂ© (4 juillet 2007) par le gouvernement français lors d’un comitĂ© interministĂ©riel d’amĂ©nagement et de compĂ©titivitĂ© des territoires (Ciact) parallĂšlement aux Rencontres FinanciĂšres Internationales de Paris EUROPLACE.


Christine Lagarde, nouvellement nommĂ©e ministre des Finances19, s’est immĂ©diatement emparĂ©e du sujet.  Elle a annoncĂ© le 5 juillet la crĂ©ation d’un Haut comitĂ©20 chargĂ© de renforcer l’attractivitĂ© de la place financiĂšre de Paris qui se rĂ©unira Ă  partir du mois de septembre 2007, et a dĂ©jĂ  tracĂ© quelques pistes parmi lesquelles la possible suppression de l’impĂŽt de bourse21. Il y a un an, son prĂ©dĂ©cesseur s’engageait lui aussi Ă  faire de Paris LA place financiĂšre leader



Ne pas agir face Ă  la concurrence internationale a un coĂ»t que New York a chiffrĂ©. Dans l’hypothĂšse probable oĂč le marchĂ© amĂ©ricain risquait de perdre entre 4 et 7% de part de marchĂ© au cours des cinq prochaines annĂ©es (avec une croissance globale du secteur comprise entre 8 et 10%), enrayer seulement le mouvement rapporterait entre $15 et 30 milliards de revenus pour l’annĂ©e 2011. Compte tenu du lien constant entre revenus et emplois, cela se traduirait par la crĂ©ation de 30 000 Ă  60 000 emplois directs garantis, sans compter la stimulation vers les autres secteurs, et les emplois indirects (immobilier, infrastructure, etc.).



Quel rÎle peut jouer la Ville pour promouvoir la compétitivité du secteur financier ? Quel agenda pour Paris ?



LES 9 PROPOSITIONS DU THINK TANK

L’objectif est de trouver un Ă©quilibre entre compĂ©tition, innovation et protection des investisseurs. Il faut compter aussi avec les rĂ©gulateurs.



  1. 1-Paris doit devenir une place efficiente pour le business et la Ville de Paris doit communiquer avec les outils du XXIe siĂšcle.


     Mise en place de structures d’audit, de standards qualitatifs des organismes dĂ©diĂ©s au dĂ©veloppement Ă©conomique de Paris 

     Institutionnalisation de la mĂ©thode du Benchmarking au sein de la Mairie de Paris


Nous Ă©mettons quelques rĂ©serves sur l’efficacitĂ© des « organismes » existants et prĂ©conisons, au-delĂ  du seul secteur financier22, de repenser ceux dĂ©diĂ©s spĂ©cifiquement au dĂ©veloppement Ă©conomique de Paris en institutionnalisant la mĂ©thode du Benchmarking au sein de la Mairie de Paris, et mettant en place des structures d’audit, de standards qualitatifs.


Le NYCEDC (New York City Economic Development Corporation) permet une comparaison. Nous attirons l’attention du lecteur sur le document joint en annexe 3 qui rĂ©sume la stratĂ©gie de la Ville de New York et propose une visualisation des projets ou rĂ©alisations en cours23, Ă  lire en parallĂšle avec l’annexe 5, relative au rapport d’activitĂ© 2006 de Paris DĂ©veloppement. Le rapport new-yorkais pour la rĂ©forme du secteur financier considĂšre que le NYCEDC n’est pas une structure appropriĂ©e. Le rapport pointe les faiblesses de ce type d’organisme lorsque l’on envisage l’industrie de la Finance, tant il faut une comprĂ©hension profonde du secteur et de ses diffĂ©rents mĂ©tiers pour agir, une expĂ©rience internationale pour anticiper et innover. Les organismes parisiens ou nationaux existants sont inadaptĂ©s.


Le groupe « AttractivitĂ© de Paris » se fait l’avocat d’une mesure essentiellement symbolique -mais notre propos est aussi de convaincre de l’importance du symbole en matiĂšre Ă©conomique- : la crĂ©ation d’un guichet unique, centralisĂ©, labellisĂ© « Paris MĂ©tropole » dĂ©diĂ© Ă  la crĂ©ation d’entreprise. La crĂ©ation d’entreprise se ferait en 48 heures (base de dĂ©part) et non plus en 3 ou 5 semaines comme actuellement (24h en Grande-Bretagne), plus rapide que ne peut l’ĂȘtre le CFE (Centre de FormalitĂ©s des Entreprises), ne demandant plus de fournir l’original des statuts, et ouvrant ainsi la possibilitĂ© de crĂ©er une entreprise en ligne. Le « CFEnet » devrait fonctionner Ă  la rentrĂ©e
avec envoi des piĂšces justificatives.


  1. 2-Penser la place financiĂšre dans l’optique « Grand Paris » ou « Paris MĂ©tropole », sachant que Paris et la DĂ©fense centralisent la quasi-totalitĂ© des acteurs du secteur et y pĂ©renniser sa localisation.


 Localiser Ă  long terme l’industrie de la Finance dans le Grand Paris


New York envisage de repenser sa place financiĂšre dans une optique dite des Tri-State area (Etats de New York, du Connecticut et du New Jersey) afin de crĂ©er une synergie et non d’engendrer une compĂ©tition contre-productive. Paris doit Ă©viter de se mettre en concurrence avec Issy-les-Moulineaux ou la DĂ©fense et inversement, dans la recherche de l’intĂ©rĂȘt commun du secteur Finance. Il faut raisonner pour l’ensemble de la rĂ©gion mĂ©tropolitaine, au moins l’Ile-de-France. Ce point dĂ©passe le cadre de la Commission Economie et Emploi, nĂ©anmoins nous le prenons en compte dans l’élaboration de notre projet politique.


La place financiùre parisienne et l’Europe

Combien la zone euro, peut-elle justifier de places financiĂšres ? Pourrait-il y avoir un intĂ©rĂȘt Ă  encourager une place financiĂšre europĂ©enne unique ? La BCE est localisĂ©e Ă  Francfort
 Comment rendre la place de Paris incontournable ?

Ces interrogations dĂ©passent le cadre de ce rapport mais se poseront Ă  terme d’oĂč l’importance pour la Ville de Paris de se mobiliser et peser de tout son poids politique pour que Paris, place financiĂšre conserve un statut international.



  1. 3-Maximiser la vitalité et la compétitivité du secteur « Finance »


    CrĂ©ation d’un vĂ©ritable outil de prospective indĂ©pendant, Ă  l’initiative de la Ville de Paris (joint-venture public/privĂ© dirigĂ©e par une personnalitĂ© issue de la Finance mondiale)

    Une participation financiĂšre d’envergure de la Ville de Paris


Nous souhaiterions que Paris soit Ă  l’initiative et au cƓur de la prospective. Nous prĂ©conisons la crĂ©ation d’une joint-venture public/privĂ© spĂ©cialisĂ©e, dirigĂ©e par une personnalitĂ© de la Finance internationale, nommĂ©e par le Maire aprĂšs consultation des diffĂ©rents intervenants du secteur. AssistĂ©e d’une Ă©quipe de professionnels, cette « autorité » agirait comme un Ă©missaire de Paris, place financiĂšre, comme un ambassadeur de l’industrie de la Finance française. Elle rĂ©flĂ©chirait Ă  l’avenir de la place de Paris notamment au sein de l’Eurozone. Son rattachement Ă  la Ville garantirait son indĂ©pendance.


Innovation Finance est un projet prometteur et innovant. Il s’agit d’un contrat de pĂŽle24 entre l’Etat, la Ville, la RĂ©gion et Paris Europlace. En rĂ©alitĂ© Paris EUROPLACE « fĂ©dĂšre » le projet et cumulera Ă  terme deux missions qui ne sont pas forcĂ©ment compatibles. Il est difficile d’ĂȘtre Ă  la fois un acteur majeur du secteur et de garder l’indĂ©pendance d’esprit nĂ©cessaire pour toujours anticiper, se rĂ©former, se repositionner.



Une participation financiùre d’envergure de la Ville de Paris

Les missions fixées au pÎle de compétitivité se résument ainsi :

  1. ‹« Conforter la position de la place financiĂšre de Paris en Europe, en dĂ©veloppant son expertise et son positionnement offensif en matiĂšre de recherche et d’innovation ».

  2. ‱Mettre en place 10 projets industriels et de recherche pour un investissement de l’ordre de 40 millions d’euros.

Nous souhaitons donner toutes ses chances Ă  ce projet ambitieux, mais nous dĂ©plorons que Paris n’y joue pas le rĂŽle moteur qui devrait ĂȘtre le sien.


La Ville de Paris a rĂ©alisĂ© l’importance de son rĂŽle Ă©conomique mais l’équipe en charge communique peu ou mal et n’y attribue pas suffisamment de moyens. Pour la premiĂšre fois certes, elle finance une partie de la recherche d’entreprises et de laboratoires parisiens pour soutenir le dĂ©veloppement Ă©conomique de Paris et sa rĂ©gion, par le biais des pĂŽles de compĂ©titivitĂ©. En 2006, 6 millions d’euros ont Ă©tĂ© consacrĂ©s Ă  trois PĂŽles de CompĂ©titivitĂ© parisiens et franciliens, labellisĂ©s par l’Etat25 en juillet 2005 :

  1. ‱Cap Digital (numĂ©rique),

  2. ‱Medicen (santĂ©),

  3. ‱Systematic (systùmes complexes).


    Le Conseil de Paris a votĂ© une enveloppe de 2,6 millions d’euros, montant insuffisant compte tenu des enjeux26. Ce secteur reprĂ©sente directement 11 % de l’emploi parisien et un gisement d’emplois, les futurs arbitrages budgĂ©taires doivent en tenir compte.


    L’implication de Paris comme les projets eux-mĂȘmes sont trĂšs rĂ©cents, aussi est-il difficile de dresser actuellement un bilan d’efficacitĂ©. Une Ă©valuation nationale officielle des pĂŽles de compĂ©titivitĂ© est prĂ©vue pour 2008 selon des critĂšres d'Ă©valuation communs comme l'impact du pĂŽle sur la croissance et l'emploi, son ouverture vers l'international, son travail avec des clusters Ă©trangers.




  1. 4-Un « world-class centre » de la finance globale : du programme diplÎmant haut de gamme internationalement reconnu aux formations professionnelles diplÎmantes


    Finance et recherche universitaire : un projet pilote parisien

    Paris, vĂ©ritable centre d’attraction universitaire


Nous disposons des meilleurs Grandes Ecoles (X, Centrale, HEC, ESCP-EAP
), de nombreux diplĂŽmĂ©s sortent avec une spĂ©cialisation « finance » mais ils ne sont pas assez nombreux et prĂ©fĂšrent souvent faire carriĂšre Ă  Londres. Or Londres sait aussi faire confiance Ă  nos jeunes non diplĂŽmĂ©s ou issus des « minoritĂ©s visibles ». Il nous faut donc aussi encourager les formations post-baccalaurĂ©at professionnalisantes avec emploi Ă  la clĂ©, de la qualitĂ© du CAP ou du BP de banque d’hier.


L’objectif est de faire de Paris un centre acadĂ©mique d’attraction international « incontournable » dans le domaine de la Finance. Le pĂŽle de compĂ©titivitĂ© prĂ©voit la crĂ©ation d’une Maison de l’Innovation financiĂšre (formation/recherche en finance adossĂ©e Ă  un pĂŽle d’incubation financiĂšre s’appuyant sur la structure existante de l’Institut EUROPLACE de finance) pour un budget prĂ©visionnel de 6 millions d’euros par an. L’objectif est d’ouvrir une Ă©cole doctorale europĂ©enne en finance27 et une Ecole de la rĂ©gulation financiĂšre europĂ©enne. Les partenaires seront les laboratoires et centres de recherche, les collectivitĂ©s locales (Ville de Paris et RĂ©gion Ile-de-France), des fondations et des partenaires privĂ©s.

ConcrĂštement, combien envisage de dĂ©penser  l’équipe Delanoë ? S’est-elle portĂ©e volontaire pour fournir locaux, infrastructures, soutien en communication, jouer de son influence pour faciliter les dĂ©marches administratives, Ă©courter les dĂ©lais, etc. ?


New-York, avec l’ambition, voire la dĂ©mesure qui caractĂ©rise la ville, souhaite que son  financial services joint venture group  prenne l’initiative en coordination avec les entreprises et le systĂšme Ă©ducatif to design and finance the world’s best graduate program in financial engineering and global capital markets 28.


La niveau de qualification de la « main d’Ɠuvre » est la clĂ© dĂ©terminante qui fait et fera la diffĂ©rence dans la concurrence mondiale que se livrent les places financiĂšres. Liens Formation/Recherche/Entreprise est la clĂ© de voĂ»te de nos propositions et sera constamment la prĂ©occupation de ce rapport.



  1. 5-Favoriser la mise en place d’incubateurs universitaires


    Encourager un partenariat public/privĂ© permanent

    DĂ©veloppement de la politique de brevets des universitĂ©s


En France, le problĂšme est le manque de financement en fonds propres. La France se prive ainsi d’emplois. Comment favoriser les activitĂ©s liĂ©es Ă  la levĂ©e de capital ? Nous dĂ©bordons ici volontairement le cadre strict de la Finance et prenons le temps de dĂ©velopper les deux axes possibles : les incubateurs et les investisseurs individuels (Business Angels). A l’instar des Business Angels, les incubateurs ont un rĂŽle important Ă  jouer dans la crĂ©ation et le dĂ©veloppement des entreprises en favorisant l’essaimage (spin out).


Au Royaume-Uni29, les dĂ©partements d’essaimage et les incubateurs universitaires jouent un rĂŽle moteur dans les crĂ©ations d’entreprise qui s’appuient sur la propriĂ©tĂ© intellectuelle dĂ©veloppĂ©e dans les centres de recherche universitaire. 

Au cours des dix derniĂšres annĂ©es, l’UniversitĂ© d’Oxford a servi de base Ă  la crĂ©ation de plus de 40 entreprises, dont la valeur combinĂ©e atteint aujourd'hui ÂŁ 2 milliards. 40 % des sociĂ©tĂ©s de biotechnologies cotĂ©es Ă  la Bourse de Londres sont issus du “cluster” de Cambridge.

    Le Royaume-Uni compte prĂšs de 90 incubateurs universitaires, soit 1 incubateur acadĂ©mique par universitĂ© alors que la France n’en compte qu’un pour 3. De plus, les centres de recherche français tels que le CNRS, l’Inserm, l’Inra paraissent essaimer trĂšs peu. 20 % des entreprises britanniques qui vont recevoir du capital risque sont nĂ©es au sein des UniversitĂ©s. Les UniversitĂ©s de Cambridge, Imperial College London, Oxford, Edimbourg, ou Bristol ont donnĂ© naissance Ă  plus de 150 entreprises entre 2000 et 2006. Professeurs et chercheurs sont encouragĂ©s Ă  s’impliquer dans des entreprises tout en poursuivant leur carriĂšre universitaire.


Encourager un partenariat public/privé permanent

    Outre-manche, les contrats privés représentent entre 30 et 40 % des ressources des instituts publics britanniques contre 6,7 % seulement des ressources des laboratoires publics français. Le gouvernement britannique a débloqué 300 millions qui seront alloués aux universités qui trouveront des mécÚnes. Ainsi, à chaque fois qu'une université obtiendra un sponsor privé, elle recevra une subvention d'Etat. 


La recherche au service de l’innovation : brevets, universitĂ©s et crĂ©ation d’entreprises   

    Depuis le Bayh-Dole Act en 1980 aux Etats-Unis et une loi de 1986 au Royaume-Uni, les universitĂ©s anglo-saxonnes jouent un rĂŽle majeur dans l’économie de l’innovation par ce qu’il est convenu d’appeler le « transfert de technologie ».

La loi a transfĂ©rĂ© la propriĂ©tĂ© intellectuelle des technologies issues de recherches subventionnĂ©es de l’Etat aux UniversitĂ©s et prĂ©vu une juste rĂ©munĂ©ration des inventeurs. Les universitĂ©s, propriĂ©taires de brevets, peuvent commercialiser les inventions, ou prendre des participations dans des entreprises en Ă©change d’accords de licences30. Elles peuvent aussi crĂ©er des Fonds de capital-risque (Imperial College Innovation au Royaume-Uni).


    Elles encouragent enfin les missions de consulting des enseignants/chercheurs au service des entreprises. Cette activitĂ© se fait en totale transparence et est surveillĂ©e par des comitĂ©s d’éthique. Les chercheurs peuvent Ă©galement prendre des participations au capital des entreprises créées Ă  partir de travaux de recherche rĂ©alisĂ©s Ă  l’universitĂ©. Contrairement aux dispositions de la loi sur l’innovation de 1999, en France, cette participation n’est pas limitĂ©e mais encadrĂ©e31.


Les objectifs poursuivis par le biais des Technology Licensing Offices (TLOs) ne sont pas exclusivement de nature financiÚre, car ils ont vocation à :

- Faire bénéficier la société des progrÚs scientifiques par la mise sur le marché de nouvelles technologies améliorant la santé et la qualité de vie.


- Favoriser le dĂ©veloppement des entreprises existantes et la crĂ©ation de nouvelles start-ups sur des crĂ©neaux stratĂ©giques. L’Association of University Technology Managers (AUTM), qui regroupe les professionnels du transfert de technologie aux Etats-Unis Ă©value Ă  40 milliards de dollars l’activitĂ© Ă©conomique induite par les transferts de technologie et Ă  271 000 le nombre d’emplois créés ou sauvegardĂ©s.


- Attirer et retenir les meilleurs professeurs et chercheurs qui sont assurés de voir leurs inventions valorisées avec un retour financier significatif pour leur laboratoire et à titre individuel.


- Tisser des liens avec le monde industriel gĂ©nĂ©rant de nouveaux contrats de recherche et facilitant l’insertion des jeunes diplĂŽmĂ©s.


Pour ĂȘtre complet, il semble nĂ©cessaire de prĂ©ciser que le gouvernement amĂ©ricain favorise les relations contractuelles universitĂ©/industrie via plusieurs programmes de financement. Le plus important est le SBIR (Small Business Innovation Research) créé en 1982, qui par le biais de subventions (jusqu’à 750 000 dollars), vise Ă  stimuler la recherche et l’innovation au sein des entreprises de moins de 500 personnes. L’octroi d’un financement fĂ©dĂ©ral n’est pas conditionnĂ© par un co-financement Ă©quivalent de la part de l’entreprise comme c’est le cas en France. Ceci est particuliĂšrement intĂ©ressant pour des entreprises en phase de dĂ©marrage dont les fonds propres ne permettent pas toujours de financer 50% d’un projet de recherche et dĂ©veloppement et la plupart des start-ups créées en relation avec un laboratoire universitaire utilisent ces subventions comme seed-money. Un second programme dĂ©rivĂ© du SBIR baptisĂ© STTR (Small Business Technology Transfer Program) offre un financement aux PME/PMI pour des projets de R&D menĂ©s en partenariat avec des organismes de recherche.


    A Paris comme en France, les initiatives liĂ©es aux technopoles sont de taille insuffisante, paraissent dispersĂ©es et semblent manquer de continuitĂ©. Les programmes sont trop souvent confiĂ©s Ă  des acteurs qui multiplient les guichets d’aides et dĂ©veloppent une bureaucratie de contrĂŽle plus que d’innovation (rĂ©sultats dĂ©cevants de l’Anvar par exemple).

L’essentiel est de crĂ©er un environnement « parisien » qui associe sans cloisonnements de statuts ou de culture, chercheurs publics et privĂ©s, crĂ©ateurs d’entreprises, investisseurs et dirigeants capables d’intervenir aux diffĂ©rents stades de la crĂ©ation jusqu'Ă  l’introduction en Bourse.



  1. 6-Inciter les particuliers Ă  investir dans les jeunes entreprises


     Soutenir les Business Angels parisiens   

    L’outil fiscal



Encourager les Business Angels 

    Les business angels sont des investisseurs individuels qui vont aider au dĂ©marrage de l’entreprise Ă  la fois pour son financement et par une mise Ă  disposition d’une expĂ©rience de gestion. L’investissement direct accĂ©lĂšre le dĂ©veloppement des jeunes entreprises sĂ©lectionnĂ©es par les Business Angels, et engendre crĂ©ation de richesses et d’emplois.


    La France possĂšde de nombreux fonds pour financer le dĂ©veloppement des entreprises, proportionnellement autant que les Anglo-saxons. La carence « française » se situe au niveau des incubateurs d’entreprises et principalement des investisseurs individuels dits Business Angels. Il existe de fait un trou d’investissement entre le financement de proximitĂ© de la famille et des amis, et le capital-risque formel.


    L’investissement moyen du capital risque par entreprise32 est estimĂ© Ă  € 3M contre seulement  € 100 000 pour les Business Angels. 95% des entreprises Ă  fort potentiel se crĂ©ent avec moins de €1M. Les investisseurs français dĂ©laissent les financements de « dĂ©collage » au profit du capital investissement : ils ne sont pas prĂȘts Ă  injecter ne serait-ce que 100 000 € dans le lancement d’un produit ou d’un service.

    La France compte 3 500 Business Angels, avec une capacitĂ© de  €280M, quand le Royaume-Uni dispose d’un rĂ©seau estimĂ© Ă  50 000 Business Angels, reprĂ©sentant un potentiel d’investissement de €7Mds.


    La crĂ©ation en novembre dernier d’un statut de « Business Angels » sous la forme de sociĂ©tĂ© par action simplifiĂ©e constitue une avancĂ©e mĂȘme si le plafond du dispositif est limitĂ© Ă  40 000 € contre 300 000 € au Royaume-Uni.

    La loi de 2003 dite loi Dutreil allait dans le bon sens en multipliant par deux les plafonds de rĂ©duction d’impĂŽts sur le revenu pour la souscription au capital de PME non cotĂ©es (25% de l’investissement, limitĂ©e Ă  12 000 euros pour un cĂ©libataire et à  24 000 euros pour un couple).

    La rĂ©forme de l’ISF votĂ©e dans le  « paquet fiscal », propose d’échanger le montant Ă  verser au titre de l’ISF contre un investissement dans une PME.



    Faute de capitaux suffisants fournis par les investisseurs privĂ©s, la France se prive d’emplois : un manque Ă  gagner estimĂ© Ă  100 000 emplois l’an.


L’efficacitĂ© d’un plafond fiscal Ă©levĂ©, l’exemple anglo-saxon 

    Comment stimuler ce type d’investissement ? Les avantages fiscaux offerts actuellement en France sont jugĂ©s trop restrictifs par les Business Angels potentiels ; il existe entre les plafonds de dĂ©ductions d’impĂŽt accordĂ©es en France et au Royaume-Uni un rapport de 1 Ă  60



Paris se limite à une participation infime dans des Fonds d’amorçage, à travers des associations comme Paris Entreprendre, Scientipîle initiative ou Paris Business Angels33.



  1. 7-Créer une zone financiÚre internationale spéciale


    CrĂ©er un programme pilote off shore au sein du « Grand Paris » 


VĂ©ritable instrument de compĂ©titivitĂ©, les exemples de Luxembourg, de l’Irlande, des Bermudes ou mĂȘme de Canary Wharf Ă  Londres en sont autant d’exemples. Leurs succĂšs n’est pas essentiellement le rĂ©sultat d’une fiscalitĂ© attractive pour les entreprises, mĂȘme si elle en est  une piĂšce maĂźtresse.


    Cette proposition peut sembler politiquement incorrecte34. Pourtant New York l’envisage trĂšs concrĂštement (cf : rapport « Sustaining New York’s and the US’ Global Financial Services Leadership »35 Ă  Governors Island36 (au large de la pointe sud de Manhattan) et compte y ramener le « on-shore legitimate businesses (e.g., reinsurance) and financial transactions (e.g., some OTC derivatives) that have moved off-shore in recent years as a reaction to a combination of US-specific legal, regulatory, and/or tax considerations. »

    A Londres, les hedges funds bĂ©nĂ©ficient d’une double localisation : la gestion domiciliĂ©e Ă  Londres (souvent dans le quartier de Mayfair !), les fonds dĂ©posĂ©s aux Iles CaĂŻmans, Ă  Guernesey


    Dans une déclinaison parisienne, ce projet aurait vocation à réhabiliter et autofinancer une zone dite sensible dans le cadre du « Grand Paris ».

   


  1. 8-Multiplier les effets cluster37 


    Encourager la synergie naturelle du high-tech et de l’industrie de la finance

    Une Silicon Valley parisienne

  Clubs et concours dĂ©diĂ©s Ă  la crĂ©ation d’entreprises Ă  l’initiative de Paris


Paris doit encourager les universitĂ©s Ă  vocation scientifique et technique Ă  cohabiter avec des Ă©coles de management (exemple amĂ©ricain du MIT qui intĂšgre la Sloan School of Management) et inversement. Le brassage culturel est favorable aux jeunes chercheurs qui peuvent ainsi valider l’intĂ©rĂȘt potentiel de leurs dĂ©couvertes.


La multiplication de clubs et concours dĂ©diĂ©s Ă  la crĂ©ation d’entreprises avec le soutien de professionnels du secteur de l’industrie et de la finance engendrent un climat propice Ă  la crĂ©ation d’entreprises. Paris a vocation Ă  sponsoriser ce type de dĂ©marche.


Attirer le high-tech et l’industrie de la finance

Ne pourrait-on pas faire de Paris le hub naturel de l’industrie de la Clean technology ?



  1. 9-La maĂźtrise de l’anglais, prioritĂ© « municipale »


 L’anglais, langue de travail du monde de la Finance


La maĂźtrise de l’anglais comme langue de travail est un complĂ©ment indispensable Ă  la qualitĂ© de la main d’Ɠuvre dans les mĂ©tiers de la Finance mais pas exclusivement. Le rĂŽle de la Mairie de Paris, dans ce domaine comme dans beaucoup d’autres, doit ĂȘtre un rĂŽle d’impulsion, de communication et de coordination autant que de financement.

Slides / Paris 2008-2014

(Power Point)

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